L’artiste tchadien Menef Oculaire : L’homme au VOC

Interview accordée par l’artiste tchadien Menef Oculaire sur le plateau de N’Djamena 24.

NDJ24 : Bonjour et bienvenue chez N’Djamena 24. Veillez-vous présenter à nos lecteurs.

Menef Oculaire : Merci NDJAMENA 24. Je suis Mbainaissem Florent, de nationalité tchadienne, Artiste musicien rappeur, titulaire d’une licence en gestion, responsable facturation à la Brasserie du Tchad (BDT) de Moundou. J’ai 32 ans. Voilà brièvement moi !

NDJ24 : Comment êtes-vous venu à la musique ?

M.O : C’est un peu dans le sang, si mon papa n’était pas styliste, il devenait musicien surtout qu’il est un grand danseur, humoriste ; même après s’être finalement styliste. Alors j’ai pris le goût très vite déjà quand j’étais au primaire. J’ai eu ce virus étant petit. Mais c’est exactement en 2003, en 4ème que j’écrivais mes premiers textes, en écoutant des artistes comme MC Solaar, Otentik, Yalaad, les Iman t, Alsalam etc . J’avais des sérieux problèmes avec mes profs, mes cahiers sont partagés entre les leçons et mes inspirations. Alors on forme notre premier groupe MMB en 2003 avec mon cousin Melar qui est actuellement dans le journal. Plus tard, on s’est séparé puisqu’il était parti en étude au Cameroun et moi je composais mon bac en 2006, j’ai poursuivi une carrière solo jusqu’à ce jour. Ma Première apparition public c’est en 2006 à tremplin, Dja fm, des concerts aux ghettos, des scènes de la fête de musique ainsi de suite.

J’enregistre en 2009 mon premier single intitulé mon rap puis participe à N’Djamena Hip Hop awards à la même année. D’autre single comme président africain et TNT vont suivre, en novembre 2015 j’ai décidé de faire mon album intitulé Les Larmes d’une Femme, actuellement au studio et vu les occupations de travail, j’y travaille doucement. Les dernières apparitions avant mon départ pour Moundou, c’est la première édition de Nirida Hip Hop, N’Djam Hip Hop et le projet de Roukika dans son mandat d’ambassadeur porte-parole des enfants en avril 2015. Et puisque je suis à Moundou actuellement, je partage quelque chaud avec les frères d’ici. J’ai des projets de concerts dans les prochains mois. Tout ceci pour préparer l’esprit du public sur l’album qui se trame.

NDJ24 : Combien d’albums ou singles avez-vous à votre actif actuellement ?

M.O: J’ai au total 4 singles, l’album a 10 titres les 6 sont dans le CD le reste en congé j’ai fait leur prise. Je crois que j’ai un répertoire remplis de titres écrits et je ne sais lequel des titres choisir pour en faire 10 titres d’album, 365 jour est égale à 365 inspirations pour moi et franchement je ne sais pas faire la sélection. J’aurais besoin d’aide pour le trille.

NDJ24 : Quelle est la particularité de vos morceaux ?

M.O : Comme le dit mon aîné Memix de Hip Hop show time à l’époque, l’homme engagé, Menef Oculaire. Je l’ai repris dans un titre sur mon refrain C’est claire que Menef Oculaire à des vocabulaires pour plaire en même temps pour déplaire alors vas te taire sinon tu finiras grabataires. Je fais du rap en alter quand je chante ça fait bercer, ça percute, j’aime faire des sons qui ont un but, des sons qui ont le pouvoir de reverser la tendance, qui ne sont pas que pour une danse mais quand tu écoutes tu y penses Je m’adresse à tout le monde pour vu que cela soit dans un élan de conscience. J’ai que des partages de messages. Il faudra même qu’on laisse de passage de lyrics ici.

NDJ24 : Parlez-nous de votre/vos albums qui sont déjà sur le marché ?

M.O : Aucun album sur le marché actuellement.

NDJ24 : Quels sont les rythmes que vous pratiquez ?

M.O : Sur un beat bien matolé, sur un rythme saï, dallah, sur un mélange de rythmes afro américain je passe mon message, que soit entendu compris. C’est le plus important.

NDJ24 : Lequel de vos morceaux que les Tchadiens ont-ils le plus adulé ?

M.O : Je crois que j’ai pas pu mettre du chaud comme il le faut sur tous les titres que je totalise actuellement dans le disc mais le public est touché par Orphelin, Ce Monde-ci, Grouille-toi, Conflits à Bangossse, c’est juste une question de temps pour partager avec ce public-là, sinon ils aiment tous mes morceaux repris en live comme en PB, Comme on le dit chacun a ses préférences et c’est ça même être un humain. Déjà il y’a des vieux, Il y’a des jeunes et je me sens obligé de faire un genre afro trap dansant mais à la base il y a un message frappant: je m’adressais aux filles qui se précipitent pour le conjungo en abandonnant les études tout en se faisant à l’idée que le mariage est un atout alors qu’en réalité c’est une entreprise qu’on crée par consentement, chacun donne son apport pour attendre les objectifs et pour sa survie. Les filles se marient très jeunes et au finish elles se retrouvent dans un profond gouffre. Donc on fait du genre où chacun trouve son compte. Mais honnêtement écrire des âneries ce n’est pas mon truc. Je peux te faire danser peut être mais sur le rythme pas sur les mots tellement ils te touchent.

NDJ24 : Exercez-vous un autre métier autre que la musique ?

M.O : Oui bien sûr je travaille au service commercial des brasseries du Tchad à Moundou comme responsable facturation. Comme je l’ai dit tantôt je suis gestionnaire de formation.

NDJ24 : Comment conciliez-vous tout cela avec la musique ?

M.O : Je crois que c’est plutôt simple de concilier les deux à la fois, j’ai pas toute ma vie au travail, j’ai les week-ends, j’ai l’après taf pour travailler ma musique, et d’ailleurs le gros souci c’est qu’il n’y a pas de studio sur place ici pour l’enregistrement, raison pour laquelle j’ai bien envie de monter un studio d’ici peu. J’ai toujours toute la soirée après le taf pour toucher quelques notes que j’apprends, je chante et voilà, voilà l’avantage d’être un musicien rappeur même sur un beat, je peux faire ma répétition avec mon kit à l’oreille même l’inspiration est inattendue et donc avec les Android on a la possibilité d’écrire au boulot partout.

NDJ24 : Pourquoi Menef Oculaire comme nom d’artiste ?

M.O : Ce nom est en quelque sorte un dérivé si vous le voulez de mon nom état civil, Menef vient de Mbainaissem Florent, tu vois le M N F, comme sigle de mon complet alors il fallait que ce blaaz soit bien articulé, d’où un inconnu E entre en action de dérivation, oculaire vient s’ajouter pour dire que je suis témoin de ce que je décris, j’écris, des vécus des gens, des histoires présentes, des maux subis par les nôtres les vôtres de tous les côtes

NDJ24 : Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté ?

M.O : Vous savez la situation des Artistes d’ici, ils ont des tas de projets mais manque de sponsorship. Ils ont besoin de produire leur album mais Ils n’ont pas les moyens pour en faire et les mécènes se font rares .Et de fois les mécènes tombent sur des artistes qui ne sont pas sérieux et ne respectent pas les clauses. Soit l’artiste se fait doubler soit il double son producteur. Ça emmène à une fermeture d’aide des personnes de bonnes volontés aux artistes. Tu montes un projet concret, le 10 pour pose problème, soit on pense que tu es pareil. Ça entraîné des méfiances, de réticence d’où moi personnellement je compte sur moi-même. Déjà le fait d’avoir un taf c’est un avantage d’être autosuffisant et de se produire soi-même, je crois que je me plaignais comme tout le monde, du manque des structures, de studio de production ici, et les instruments de musique qui n’existent pas dans les centres culturels pour les artistes. Alors faire de la musique au Tchad c’est d’abord compter sur soi-même. Je pense à un projet Maison de production, instruments pour les artistes. Tout ça c’est un sacrifice et je crois que c’est possible. Aujourd’hui pour faire un concert à Moundou, il faut vraiment des gymnastes pour trouver des matos qui ne sont pas forcément de bonne qualité.

NDJ24 : Entretenez-vous des relations amicales avec les autres artistes ?

M.O : J’ai des bonnes relations avec les autres artistes. On est une famille unie même si dans une famille chacun est ce qu’il est avec son comportement. Je ne suis pas du genre à me mettre en conflit avec mes frères ni dans le milieu artistique ni dans mon lieu de service. Comme disait mon défunt père pour réussir, il faut faire comme tu ne connais rien. Sois sage que d’apparaître par arrogance génie. Les nouveaux sont zélés et manquent de respect aux aînés alors qu’ils attendent tous la bouffe à midi chez leur mère. Je respecte ceux qui sont accueillants, ouverts, aimables prêts à partager, à être présents, les arrogants j’en fais pas cas.

NDJ24 : Parmi les doyens artistes au Tchad, lequel vous inspire le plus ?

M.O : Je pense que tous m’inspire mais je ne citerai que ceux avec qui j’étais de près rattaché, Scheerif Motega, Kent K Dacor.

NDJ24 : Quel message adressez-vous a la jeunesse qui vous suit ?

M.O : Ma jeunesse fer de lance de la société doit prendre conscience le plus vite que possible. Aujourd’hui elle me laisse croire à un avenir sombre vu l’état dans lequel elle est, elle s’attache à l’alcool, à la drogue, au banditisme pendant que les jeunes d’ailleurs sont entrain de rêver, ont des projets porteurs, certes le gouvernement actuel est fait pour empirer les conditions de ma jeunesse mais elle ne doit pas perdre espoir, elle doit étudier, elle doit se projeter dans l’avenir certain, elle doit se rendre compte que son avenir est entre ses mains, elle est dirigée par des étrangers, des vendeurs d’illusion qui ne font que lui donner des mauvais exemples de corruptions, de médiocrité, c’est maintenant qu’il faut se lever et créer un cercle de réflexions contre « les loups « jaloux de son intelligence, de sa maturité. Le climat actuel montre clairement combien le gouvernement n’aime pas la jeunesse, le retard dans les cours, la suppression des bourses pour soi-disant remédier à une crise occasionnée par une incompétence politique, une gestion économique irrationnelle, une dérive et par un système égoïste.

NDJ24 : Pour le mot de la fin, quelle est votre devise ?

M.O : Mourir pour une cause vaut mieux que de vivre comme un lâche.

MENEF Oculaire l’homme au VOC, NDJAMENA 24 vous remercie infiniment pour votre disponibilité.

51 thoughts on “L’artiste tchadien Menef Oculaire : L’homme au VOC

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